Le transport maritime de marchandises

Le transport maritime achemine l'écrasante majorité du commerce mondial en volume. C'est le mode le moins cher à la tonne-kilomètre et le plus lent, et cette double caractéristique explique presque toute son organisation.
La conteneurisation
Le conteneur normalisé, apparu au milieu du vingtième siècle, a transformé le commerce mondial plus que n'importe quelle innovation de transport. En permettant de charger une boîte plutôt que des marchandises en vrac, il a divisé les temps d'escale et les coûts de manutention dans des proportions considérables.
Les formats standards sont le vingt pieds et le quarante pieds, avec des variantes : high cube pour un volume supérieur, reefer réfrigéré, open top, flat rack pour les charges hors gabarit, et citerne.
La capacité des navires se mesure en EVP, équivalents vingt pieds. Les plus grands porte-conteneurs dépassent aujourd'hui vingt mille EVP.
Les types de navires
Le porte-conteneurs transporte les marchandises manufacturées. Le vraquier transporte les solides en vrac : minerai, charbon, céréales. Le pétrolier et le méthanier transportent les hydrocarbures liquides et gazeux.
Le roulier, ou ro-ro, embarque des véhicules et des remorques qui montent par leurs propres moyens. Le navire polyvalent et le porte-charges lourdes traitent les colis hors normes.
Groupage et complet
Deux modes de vente structurent l'offre. Le FCL, conteneur complet, réserve la boîte entière à un seul chargeur : c'est plus simple, plus sûr et plus rapide au dépotage.
Le LCL, groupage, réunit les marchandises de plusieurs chargeurs dans un même conteneur. Il convient aux petits volumes et impose deux opérations supplémentaires — empotage et dépotage — qui allongent les délais et augmentent le risque de dommage.
Les acteurs
L'armateur possède et exploite le navire. Le transitaire, ou commissionnaire de transport, organise l'ensemble de l'acheminement pour le compte du chargeur et engage sa responsabilité sur le résultat. Le consignataire représente l'armateur au port. Le manutentionnaire charge et décharge. Le courtier met en relation. Le commissionnaire en douane accomplit les formalités douanières.
La distinction entre transitaire et commissionnaire compte juridiquement : le premier exécute des instructions précises et répond de ses fautes, le second choisit les moyens et répond du résultat, y compris des fautes de ses substitués.
Les incoterms
Ces règles internationales définissent qui supporte les frais et les risques, et à quel moment ils sont transférés. Elles ne définissent ni le transfert de propriété, ni le droit applicable, ni le prix.
Les plus utilisés en maritime : FOB, où le vendeur livre à bord et le risque passe à l'acheteur à ce moment ; CFR et CIF, où le vendeur paie le fret — et l'assurance en CIF — mais où le risque passe pourtant dès la mise à bord ; et les termes multimodaux FCA, CPT, CIP, DAP et DDP.
Le contresens le plus fréquent porte sur CIF : le vendeur paie le transport, mais la marchandise voyage aux risques de l'acheteur. Beaucoup de litiges naissent de cette confusion.
Les documents
Le connaissement maritime est la pièce maîtresse : il vaut à la fois reçu de la marchandise, preuve du contrat de transport et titre représentatif — celui qui le détient peut réclamer la marchandise. Sa version électronique se généralise.
S'y ajoutent la facture commerciale, la liste de colisage, le certificat d'origine, les certificats sanitaires ou phytosanitaires selon la nature des biens, et la déclaration de marchandises dangereuses le cas échéant.
Les réserves à la livraison doivent être précises et formulées dans les délais : une réserve générale ou tardive est inopposable, et c'est la première cause de refus d'indemnisation.
L'assurance
La responsabilité du transporteur maritime est limitée par les conventions internationales à un montant par colis ou par kilogramme, très inférieur à la valeur réelle de la plupart des marchandises.
Une assurance facultés, souscrite par le chargeur, est donc indispensable dès que la valeur transportée compte. Elle couvre la marchandise elle-même, ce que la responsabilité du transporteur ne fait jamais entièrement.
L'environnement
Le transport maritime est le mode le plus efficace par tonne transportée, et il représente néanmoins une part significative des émissions mondiales du fait de son volume.
Les règles internationales ont abaissé la teneur en soufre des combustibles, imposé des zones de contrôle des émissions, et engagé une trajectoire de réduction des gaz à effet de serre. Le transport maritime a par ailleurs été intégré au marché européen du carbone.
Les réponses techniques se déploient : ralentissement volontaire des navires, qui réduit fortement la consommation ; carburants alternatifs — GNL, méthanol, ammoniac ; propulsion vélique auxiliaire ; optimisation des routes et des escales. Aucune ne suffit seule, et la flotte se renouvelle lentement.